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Maths

La multiplication au CE2 : poser et comprendre

Par Jacques Gambou 29 octobre 2026 5 min de lecture
La multiplication au CE2 : poser et comprendre

Retenues oubliées, colonnes qui dérapent, zéro mystérieux : la multiplication posée a ses pièges, mais aussi des parades simples. Une méthode claire, des exemples chiffrés et des idées d'entraînement pour que votre enfant gagne en assurance.

La multiplication CE2 marque un cap dans la scolarité de votre enfant. Il quitte l'addition répétée pour une technique à poser, avec ses colonnes, ses retenues et ses décalages. Rien d'insurmontable, à condition de ne pas brûler les étapes.

Ce que la multiplication CE2 demande

Au programme du CE2, les tables de multiplication vont jusqu'à 9. Les tables de 2, 3, 4 et 5 ont été travaillées en CE1, et il reste donc à consolider les tables de 6, 7, 8 et 9, réputées plus coriaces. Côté opération posée, on multiplie un nombre de 2 ou 3 chiffres par un nombre à un chiffre. Certaines classes abordent aussi le multiplicateur à deux chiffres avant l'été, mais c'est surtout un sujet de CM1.

Avant de poser quoi que ce soit, il faut que le sens soit en place. Multiplier 38 par 6, c'est calculer six paquets de 38. Un enfant qui n'a jamais manipulé de paquets réels applique la technique comme une recette, sans savoir pourquoi elle fonctionne. Et la recette se fissure dès que le nombre change.

Rendre le calcul visible

Quelques pièces et billets factices suffisent. Prenez trois billets de 10 euros et quatre pièces de 1 euro, répétez cet ensemble cinq fois, puis demandez à l'enfant de regrouper. Il découvre seul qu'il faut échanger dix pièces contre un billet. C'est exactement ce que la retenue représente sur le papier.

La table de Pythagore (le tableau à double entrée de 1 à 10) aide aussi beaucoup. Elle montre que 6 × 7 et 7 × 6 donnent le même résultat, ce qui réduit de moitié ce qu'il y a à mémoriser.

Poser l'opération pas à pas

La technique tient en quelques gestes. Le tout est de les enseigner dans le bon ordre et de laisser l'enfant verbaliser ce qu'il fait.

Un exemple avec retenue

Prenons 38 × 6. On écrit 38 en haut, le 6 dessous, aligné sur le chiffre des unités, puis on trace un trait.

  1. On multiplie les unités : 6 × 8 = 48. On écrit 8 sous le trait et on retient 4 (quatre dizaines).
  2. On multiplie les dizaines : 6 × 3 = 18. On ajoute les 4 retenues : 18 + 4 = 22.
  3. On écrit 22 à gauche du 8. Résultat : 228.

Un détail compte plus qu'on ne le croit : dire « 3 dizaines » plutôt que « 3 ». Quand l'enfant parle en dizaines, il comprend pourquoi 18 dizaines valent 180, et pourquoi on les écrit à gauche.

Le cas du multiplicateur à deux chiffres

Si votre enfant y est déjà confronté, prenons 23 × 14. On calcule d'abord 23 × 4 = 92. On pose ensuite un zéro dans la colonne des unités, puis on calcule 23 × 10 = 230. On additionne 92 et 230 : 322.

Ce zéro intrigue souvent. Présentez-le comme une place réservée : on multiplie par 10, donc le résultat se décale d'un cran. Sans cette explication, l'enfant le recopie par habitude et l'oublie à la première occasion.

Erreurs fréquentes et remèdes

Voici le point qui surprend la plupart des adultes : dans une multiplication posée, les tables sont rarement la source principale des erreurs. Un enfant de CE2 qui rate 38 × 6 sait en général que 6 × 8 fait 48. Il se trompe plutôt en ajoutant la retenue, en l'oubliant, ou en l'ajoutant au mauvais moment. Réviser les tables pendant trois semaines n'y changera pas grand-chose.

Les trois pièges classiques

  • La retenue oubliée. L'enfant écrit 18 au lieu de 22 parce que le 4 est resté dans sa tête. Proposez de l'écrire en petit au-dessus du chiffre suivant, au crayon.
  • La retenue ajoutée avant de multiplier. Il calcule (3 + 4) × 6 au lieu de 3 × 6 + 4. Rappelez l'ordre : on multiplie d'abord, on ajoute ensuite.
  • Le décalage des colonnes. Les chiffres glissent, surtout sur une page vierge. Le papier à grands carreaux Seyès règle une bonne partie du problème : un chiffre par carreau, et tout reste droit.

Un réflexe utile pour finir : l'estimation. Avant de calculer 38 × 6, on arrondit 38 à 40, ce qui donne 240 environ. Si le résultat tombe à 148 ou à 2 208, l'enfant voit tout de suite que quelque chose cloche. Cette vérification prend dix secondes et évite bien des recopiages.

S'entraîner sans lasser

Un scénario typique : un enfant fait sept opérations d'affilée un dimanche soir, s'embrouille à la quatrième et finit par détester le sujet. Mieux vaut trois opérations par jour, cinq jours de suite, qu'une grande séance. La mémoire des procédures se construit par petites touches répétées.

Quelques pistes qui fonctionnent bien à la maison :

  • Commencez par des opérations sans retenue (21 × 4, 32 × 3) pour installer le geste.
  • Passez ensuite aux retenues simples, puis aux nombres à trois chiffres.
  • Utilisez une ardoise de type Velleda : l'erreur s'efface, et l'enfant ose se tromper.
  • Alternez le calcul posé et le calcul mental, par exemple 5 × 20 ou 4 × 30.

Un cahier d'exercices progressif aide à garder ce rythme sans que vous ayez à inventer chaque opération. Le cahier Multiplications Posées CE1-CE2 propose des séries qui montent doucement en difficulté, ce qui convient bien à un enfant qui a besoin de confiance avant de passer aux retenues.

Pensez aussi à échanger avec l'enseignant(e) de votre enfant. Chaque maître ou maîtresse a sa façon de présenter la retenue : certains l'écrivent au-dessus, d'autres en dessous, d'autres encore la posent à gauche. Mieux vaut suivre la méthode de la classe pour ne pas créer de confusion.

À retenir

  • En CE2, les tables de multiplication vont jusqu'à 9, avec une attention particulière aux tables de 6, 7, 8 et 9.
  • La multiplication posée s'applique d'abord à un nombre de 2 ou 3 chiffres multiplié par un nombre à un chiffre.
  • Comprendre qu'on calcule des paquets égaux avant de poser l'opération évite la technique apprise par cœur sans compréhension.
  • La plupart des erreurs viennent de la retenue (oubliée ou mal ajoutée) et de l'alignement des colonnes, rarement des tables elles-mêmes.
  • Le papier Seyès, un chiffre par carreau, limite les décalages.
  • Estimer le résultat avec des nombres arrondis permet à l'enfant de vérifier seul son calcul.
  • Trois opérations par jour valent mieux qu'une longue séance hebdomadaire.

La multiplication posée n'est pas un obstacle de plus : elle se construit calmement, à partir du sens, puis du geste, puis de la vitesse. Prenez le temps de laisser votre enfant dire à voix haute ce qu'il fait, même si cela ralentit un peu les premières séances. Les automatismes viendront ensuite, et avec eux la fierté de réussir seul une opération qui semblait impossible quelques semaines plus tôt.


Pour aller plus loin : Découvrez Multiplications Posées CE1-CE2, un cahier d'exercices progressifs pour s'entraîner à poser les multiplications avec méthode et confiance. À 11,49 euros sur Amazon.

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